Emile Paul Aimable Guépratte
Emile Paul Aimable Guépratte est né le 30 août 1856 à Granville.
Amiral français dit « point d’honneur » ou « le mangeur de feu ».
Petit fils de l’amiral Jéhenne.
Elève au Lycée impérial de Brest en 1868.
Entré à l’Ecole navale le 1er octobre 1871.
Aspirant de 1ère classe le 5 octobre 1874.
Il embarque en 1875 sur la corvette-cuirassée la Reine-Blanche dans l’escadre d’évolution.
Il embarque en 1876 sur l’aviso à hélice le D’Estaing.
Enseigne de vaisseau le 1er décembre 1877.
Instructeur des aspirants sur la corvette-école la Favorite que commandait son père en 1880.
Il fit campagne en Tunisie en 1881 sur le cuirassé Marengo.
Participa au bombardement de Sfax et à la prise de Gabès.
Lieutenant de vaisseau le 15 janvier 1883.
Suit les cours de l’Ecole des défenses sous-marines en 1884.
En sort avec le brevet de torpilleur et est affecté, en cette qualité sur le cuirassé Amiral Duperré de l’escadre d’évolution.
Reçoit son premier commandement en 1889 sur le contre-torpilleur 23.
Second du croiseur Forfait en 1891.
Il commande la canonnière Caronade de la division navale d’Indochine et participe aux opérations contre le Siam de mai à octobre 1893.
Capitaine de frégate le 10 mai 1897.
Sous-directeur des défenses sous-marines de Brest en 1900.
Commandant du contre-torpilleur Vautour de la station du Bosphore en 1901-1902.
En mai 1902 est fait chef de la 2ème section de l’état-major de l’arrondissement maritime de Brest.
Capitaine de vaisseau le 5 février 1904.
Commandant du croiseur porte-torpilleurs Foudre avec lequel il transporte de Cherbourg à Saïgon (Vietnam) 2 sous-marins et 4 petits- torpilleurs.
Commande en 1905, dans l’escadre de la Méditerrannée, le croiseur cuirassé Jeanne-d’Arc et le croiseur Marseillaise et de nouveau la Jeanne-d’Arc fin 1906.
Commandant du 2ème dépôt des équipages en 1908
En 1909 suit à Brest l’achèvement du croiseur cuirassé Edgar-Quinet sur lequel il conduit le président Fallières en Hollande.
Réalise à cette occasion le premier passage par un grand navire de guerre des écluses d’Ijmuiden et du Nordsee Kanal conduisant à Amsterdam.
Contre-amiral le 2 septembre 1912.
Le 16 septembre 1912 reçoit le commandement du front de mer à Brest.
En 1914, au début des hostilités, est mis à la tête de la division navale de complément rattachée à la 1ère armée navale en Méditerrannée.Il assure la protection des convois de troupes entre l’Algérie et la métropole ainsi que la surveillance du détroit de Sicile.
Demande avec insistance un commandement plus proche de l’action, est envoyé à Port-Saïd (Egypte) pour la protection des convois britanniques de l’armée des Indes puis est affecté avec sa division à la force navale britannique de l’amiral Hamilton Carden, qui bloque le détroit des Dardanelles ont sont réfugiés les croiseurs allemands Goeben et Breslau qui viennent de bombarder Bône et Philippeville en méditerrannée.
Le 3 novembre 1914, avec les cuirassés Suffren et Vérité, appuyés de croiseurs anglais, il bombarde les forts de l’entrée du détroit. Décision des britanniques de forcer le passage afin d’atteindre la mer de Marmara et d’attaquer Constantinople.
L’amiral John de Robeck succède le 17 mars 1915 à l’amiral Garden et prends le commandement en chef de la flotte alliée.
Le 18 mars 1915 a lieu l’attaque principale.
Guépratte demande l’honneur de commander l’avant- garde et le fait avec une folle audace : 3 cuirassés coulés, dont 2 anglais et le Bouvet qui saute sur une mine, le Suffren navire amiral et le Gaulois sont gravement endommagés avec plusieurs autres navires. John de Robeck porte à la connaissance des lords de l’amirauté la splendeur de l’escadre française et souligne la grande bravoure de Guépratte et le surnommèrent « Fire-Eater » (mangeur de feu) qui lui resta.
Les 25,26 et 27 mars 1915 participe au forcement du détroit abandonné, bataille des 5 plages, débarquements de Sedd-Ull-Bahr et de Koum-Kaleh.
Le 13 avril 1915 il écrit : « Je regrette que la République soit si pauvrement représentée dans une opération de guerre aussi belle. Il y a une convenance urgente à nous renforcer par de véritables unités de combat ».
On se débarrasse de lui en le nommant vice-amiral le 10 octobre 1915 et préfet maritime de l’arrondissement algéro-tunisien à Bizerte (Tunisie).
Croix de Saint Georges le 28 décembre 1916 (ordre russe).
A Bizerte il maintient la plus stricte discipline notamment pendant l’agitation anti-juive de 1917, joue un rôle important dans l’entraînement des troupes Serbes, c’est pourquoi à Belgrade il y a une rue Amiral Guépratte et fait à Bizerte un centre de lutte contre les sous-marins.
Le chef de la musique militaire craie une Marche de l’amiral Guépratte à Bizerte.
Grand-cordon de l’Aigle blanc, par décret du roi de Serbie Alexandre Karadjordjevic le 3 septembre 1917.
Atteint par la limite d’âge en 1918, est placé le 30 août 1918 dans la section de réserve, après 47 ans de services effectifs dont plus de 32 à la mer.
Le 16 novembre 1919 il se présente à la députation sur la liste de concentration républicaine et est élu.
Il devient membre des commissions de la marine-marchande, de la marine militaire, des régions libérées et d’Alsace-Lorraine, et se consacre aux questions intéressant la marine.
Il est président du groupe des députés des ports, et président de l’association amicale des croix de guerre.
En 1921 il devient membre de l’Académie de marine.
En 1924 il se retire à Brest.
Il va à Ancy-sur-Moselle le 24 mai 1924.
Grand-croix de la légion d’honneur le 12 décembre 1924
Sir Winston Churchill lui écrit le 24 septembre 1930, à porpos du combat des Dardanelles : « Pour votre part vous avez fait honneur à une opération de guerre qui aurait changé l’histoire du monde si elle avait été menée avec une résolution égale à la vôtre ».
Publie en 1935 l’expédition des Dardanelles, 1914-1915.
Mort le 21 novembre 1939 à Brest.
Inhumé aux Invalides dans le caveau des gouverneurs.